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LACIM au MALI

Scolarisation des enfants

scolarisation

L'éducation est la clef du développement. La création d'un jumelage est maintenant subordonnée à l'acceptation de ce principe :

" Tous vos enfants, garçons et filles, devront être envoyés à l'école et pouvoir achever leur 1er cycle ".

Dans tous les villages jumelés, ancien et nouveaux, nous luttons depuis des années pour parvenir à ce résultat . Ce n'est toujours pas acquis mais en 10 ans il y a des progrès considérables .

 

Ce qu'il faut savoir :

  • la durée du 1er cycle ( école primaire ) est de 6 ans et celle du second cycle ( nos collèges ) de 3 ans
  • en milieu sédentaire, la classe d'âge scolarisable représente actuellement environ 4,5% de la population ( 45 enfants pour 1000 habitants )
  • la langue officielle de l'enseignement est le Français ( alors que dans les familles rurales, il n'est jamais utilisé )
  • les Communes sont responsables des écoles de 1er cycle ( les Cercles du 2ème cycle )
 

Il existe différents statuts :

  • les écoles d'Etat : en théorie, les enseignants sont fournis et payés par l'Etat ( salaire mensuel de 75 000 Fcfa pour un débutant et 120 000 Fcfa pour un directeur soit respectivement 115 et 183 Euros ) ; les salaires sont versés régulièrement .
  • les écoles communautaires ( zones 1 et 2 ) : tout est à la charge des parents ; en théorie, après quelques années de fonctionnement, elles doivent devenir écoles d'Etat .

En zone 3 , à la suite des accords qui ont mis fin à la rébellion touarègue en 1994, il n'existe que des écoles d'Etat .

Il existe aussi des écoles de religion musulmane : les médersas ( qui respectent le programme officiel ) et des écoles coraniques ( qui ne méritent pas le nom d'école car le coran appris par coeur est le seul enseignement ).

 

Les enseignants d'Etat sont bien formés. La plupart sont capables de pratiquer " la pédagogie convergente " ( l'enseignement débute dans la langue vernaculaire du village et le Français est introduit progressivement jusqu'à la 3ème année ) et même " le curriculum " qui avec la pédagogie convergente met en oeuvre des méthodes actives ( participation active des élèves et travail en petits groupes ) .

Mais ils sont en nombre insuffisant . L'Etat et les Communes doivent embaucher des contractuels mal payés ( 25 000 Fcfa de base soit 38 Euros grâce à la remise de dette consentie par la France au Mali et un complément qui dépend des ressources communales ou villageoises ) et mal formés ( malgré un effort récent ) .

 

 

Construction d'écoles

écoles

En Zones 1 et 2 , une école dans un village comporte généralement 3 classes . Les dimensions standard lorsque les classes sont construites " en dur "( parpaings ) sont de 9m x 7m .

Elles peuvent accueillir normalement 60 enfants sur 20 tables-bancs mais les effectifs atteignent parfois la centaine . Dans ces mêmes zones , si on construit en banco , les dimensions doivent être réduites et sont adaptées au nombre d'enfants à accueillir ( souvent 8m x 6m pour 50 élèves ) .

Le budget pour les classes " en dur " équipées de tables-bancs est de 35 000 Euros avec le bureau du directeur . Il faut ajouter de 5 000 à 7 000 Euros pour des latrines . LACIM n'a pas les moyens suffisants mais aide souvent la Commune à verser une partie de la participation financière ( 5 à 10% ) exigée par les bailleurs de fonds tels que World Vision et Plan International , en laissant toujours au village une part fixée avec les villageois en fonction de leurs moyens .

Dans les " petits villages " ( moins de 600 habitants ) il est illusoire d'espérer une école " en dur ". LACIM avec les villageois construit alors une école en banco avec toiture en tôles . Le budget avec les tables-bancs est autour de 13 500 Euros ( hors latrines ) .

En zone 3 où les populations autour d'un site sont généralement moindres , LACIM construit des classes avec des techniques entièrement traditionnelles ( banco et toit-terrasse ) . Les dimensions sont réduites ( 7m x 5,5m ) pour accueillir au maximum 40 élèves . Le budget avec les tables-bancs est de 6 500 Euros . L'expérience montre que ces classes résistent mieux aux intempéries de ces régions semi-désertiques ( violentes tornades ) .

 

 

Aides à la scolarisation

Dans toutes les écoles, il existe un comité de gestion scolaire rassemblant les enseignants et les associations de parents . Dans les écoles communautaires et dans les écoles d'Etat pour payer les contractuels, celles-ci sont chargées de veiller au versement des cotisations mensuelles ( entre 500 et 1 000 Fcfa suivant le nombre d'enfants ) . Ces sommes nous paraissent dérisoires mais dans des villages où souvent on ne mange pas à sa faim et où du fait de la polygamie, un chef de famille peut avoir de nombreux enfants, c'est un obstacle sérieux ( cas extrême rencontré : 40 enfants avec 6 femmes ).

En zone 1, LACIM verse aux écoles communautaires et à quelques autres en difficulté :

  • en début d'année une aide aux fournitures scolaires fonction du nombre de filles présentes à l'école ( 1 000 Fcfa pour 1ère et 2ème année, 1 500 Fcfa pour 3ème et 4ème année, 2 000 Fcfa pour 5ème et 6ème année ) .
  • en 2 fois ( 15 janvier et 15 mai ) une aide au paiement des salaires des enseignants ( au total 70 000 Fcfa )

En 2011-2012 , 30 écoles et plus de 5 000 enfants ont bénéficié de ces aides .

Malgré cela , nous ne parvenons pas encore à atteindre l'objectif fixé ( bien que l'alphabétisation des femmes ait permis de beaucoup progresser ) . Mais nous sommes proches de la parité garçon-filles ( 52 - 48 ) .

De nombreux obstacles demeurent :

  • des familles habitent dans des hameaux éloignés
  • à partir de la 6ème année ( voire avant ) les filles peuvent être très utiles à la maison pour les tâches ménagères ; dans certains milieux elles sont même retirées de l'école et placées en ville pour constituer leur trousseau de mariage ( mariages très jeunes vers 12-13 ans dès qu'elles sont pubères ! )
  • des effectifs parfois pléthoriques : au-delà de 80 enfants, les enseignants peuvent choisir de pratiquer la double vacation ( une partie va à l'école le matin et l'autre l'après-midi ) .

En exigeant que les enfants présents à l'école aient un acte de naissance sous peine d'exclusion, les Inspections académiques ont créé récemment un obstacle supplémentaire. En effet, beaucoup de parents ne faisaient pas la démarche de déclaration à la naissance ( coût 500 Fcfa à 1000 Fcfa suivant les communes ) pour de multiples raisons : naissance à la maison et dans des hameaux éloignés, coût, négligence …La situation s'améliore partout et particulièrement dans les villages jumelés en raison de la sensibilisation des mères pour accoucher dans les maternités où la déclaration est systématique . Chaque village a un délégué d'état-civil .

Pour régulariser la situation, il faut un jugement supplétif délivré par le Tribunal d'instance avec un coût de 6 000 F à 7 000 Fcfa que les familles rechignent à payer. Ainsi, pour 10 Euros, c'est toute une vie qui est en jeu : être alphabétisé ou pas ! La situation est d'autant plus ubuesque que dans le même temps, dans les mêmes villages parfois, l'Etat Malien paye des organismes pour alphabétiser les jeunes qui n'ont pas été à l'école !

Un club du Collège Alfred Sisley de Moret/Loing ( 77 ) s'est mobilisé devant cette profonde injustice ( on punit non pas les parents mais les enfants qui ne sont pas responsables …) et a trouvé l'argent pour des dizaines d'enfants . Merci à eux …

 

 

Logements d'enseignants et dortoirs

 
Logements
Intakabarte - le logement en face des deux classes

Partout les villages prennent conscience de la nécessité de loger correctement les enseignants . LACIM finance progressivement ces petits logements . En zone 3, c'est d'autant plus nécessaire que l'Etat envoie souvent les jeunes enseignants qui viennent de loin et n'appartiennent pas au milieu nomade ( on imagine d'ailleurs leurs difficultés à enseigner à des enfants qui ne parlent que le tamascheq alors que eux parlent en majorité le bambara ) . En effet peu de touaregs ont été à l'école et il y a donc pénurie d'enseignants parlant leur langue .

Toujours en zone 3, LACIM construit des petits dortoirs séparés pour garçons et filles . En effet, les parents nomadisent à la recherche des pâturages et à certaines périodes, ils peuvent être à des centaines de Kms du site .

 

Conclusion : l'ensemble des actions menées par LACIM dans les villages en faveur de l'école fait que maintenant la grande majorité des familles est convaincue de la nécessité de scolariser ses enfants .

 

Un exemple de réussite de scolarisation : le groupe scolaire de FALADIE, chef-lieu de la Commune de N'TJIBA ( en zone 1 à 90 Kms au N-O de BAMAKO ). En 2002, il n'existait qu'un établissement catholique . LACIM a cofinancé successivement la construction de 4 bâtiments avec leurs équipements et leurs annexes ( latrines, bureau du directeur ), les bailleurs de fonds principaux étant successivement la Commune de N'TJIBA ( fonds ANICT ), l'Ambassade de France au MALI à travers le Fonds Social de Développement ( 2 ), l'ONG World Vision .LACIM a financé l'éclairage solaire de la bibliothèque . Il y a maintenant un 1er cycle avec 500 élèves et un 2ème cycle avec plus de 300 élèves ( ce qui signifie au passage plus de 100 élèves par classe ) .