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LACIM au MALI

Un projet fondamental : l'alphabétisation des jeunes filles et des femmes

Alphabétisation
Alphabétisation des femmes

Paroles de femmes : " Nous étions dans l'obscurité; nous sommes dans la lumière; vous nous avez rendu notre dignité . MERCI "

 

Avant de l'avoir constaté, à travers les observations sur le terrain et les témoignages, il nous est difficile d'imaginer les bienfaits de l'alphabétisation et les bouleversements entraînés pour la femme dans sa vie personnelle mais aussi sa vie familiale et sociale .

Ce projet concerne toutes les zones et en cas de nouveaux jumelages, il est prioritaire .

Il s'agit d'une alphabétisation fonctionnelle en langue vernaculaire ( bambara en zone 1, bambara ou peul en zone 2, tamascheq ou songhoï en zone 3 ) . Parallèlement aux apprentissages de base ( lecture, écriture, calcul ), les femmes ont des formations sur les thèmes de la vie courante ( hygiène et assainissement, nutrition, soins aux enfants, préparation à l'accouchement, sevrage, comptabilité domestique , la gestion du temps, les poids et mesures au marché …) ainsi que sur la prise de responsabilité ( notions de bonne gouvernance ) .

Les modalités les plus fréquentes sont résumées ci-après . L'enseignement se fait sur 2 ans pendant une période de 4 mois comprise entre janvier ( fin des récoltes ) et mai ( début des cultures ), 5 jours par semaine ( les jours de marché sont exclus ), pendant 3 Heures . Les femmes ( au maximum 50 ) choisissent leur horaire ( presque toujours 13 H à 16 H ) . L'enseignement se fait sous paillote ( les hommes sont mis à contribution pour construire cet abri ) .

L'alphabétisation ainsi réalisée a des conséquences positives dans tous les domaines . Parmi tous les témoignages recueillis auprès des femmes bénéficiaires, on peut mettre l'accent sur :

  • elles se sentent valorisées et respectées
  • la famille est moins souvent malade ( hygiène et nutrition )
  • les enfants ( garçons et filles ) sont envoyés à l'école
  • la vie quotidienne est facilitée
  • les commerçants ne peuvent plus les " voler "
  • elles savent gérer leur activité de petit commerce
  • elles peuvent prendre des responsabilités ( conseillère municipale , comités de gestion divers tels que les moulins à mil , les maternités … )

Les plus brillantes ont poursuivi leurs études, passé un examen, et sont devenues à leur tour enseignantes en alphabétisation .

Un problème de santé dramatique a été complètement résolu : la mortalité des enfants lors du sevrage . En effet, dans les milieux bambara en particulier, lorsqu'une femme se découvrait enceinte, la croyance était que " le lait était empoisonné " : la mère arrêtait immédiatement d'allaiter son enfant dernier-né, de façon brutale et traumatisante ( seins enduits de piment ou de bouse de vache … ). La mortalité des enfants atteignait 15 à 20% .

Il était impossible à une femme seule de mettre en cause la tradition . Mais en groupe, dans le contexte d'apprentissage des raisonnements, la conclusion s'est imposée : cela ne peut être vrai . Et dans tous les villages, les règles d'un sevrage progressif ont été comprises et adoptées .

 

Le budget pour 50 femmes est de 2 400 Euros la 1ère année et 1 600 Euros la 2ème année . Plus de 6 000 femmes ont été alphabétisées .