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LACIM au MALI

Maraîchage

 
Maraîchage
Maraîchage
Maraîchage

Lorsqu'il existe des terrains appropriés avec de l'eau disponible à faible profondeur ( bas-fonds ) des familles pratiquent le maraîchage dans des jardins individuels . Mais ce n'est pas suffisant pour satisfaire une demande fréquente des femmes qui souhaitent pratiquer cette activité tout au long de la saison sèche .

La difficulté est souvent de trouver un terrain pour que l'eau soit disponible au moins jusqu'en avril à des profondeurs inférieures à 15 m . Au-delà, l'exhaure manuelle est trop pénible et les moto-pompes ne sont pas rentables .

En zones 1 et 2 , LACIM a réalisé de nombreux périmètres maraîchers pour les femmes , la surface totale dépassant 20 Ha . Un périmètre de 1 Ha permet à environ 70 femmes de cultiver des légumes ( oignons,choux, carottes, tomates, aubergines, etc … ) pour leur consommation familiale et d'avoir un petit revenu en vendant les surplus . Ce petit revenu ( généralement entre 50 000 et 100 000 Fcfa ) est souvent suffisant pour que les jeunes filles concernées ne partent plus à la ville . Si l'eau est disponible, les exploitantes font 2 récoltes .

Toutes les femmes témoignent des bienfaits de la consommation de légumes pour la santé de leur famille .

En zone 3 , il est plus difficile de réunir les conditions et les réalisations sont plus limitées .

 

Budget pour 1 Ha clos de grillage et avec 4 puits de 12 m : 15 000 Euros . Le suivi par du personnel qualifié est indispensable les premières années de démarrage de l'activité .

 

 

Programme " Agriculture durable "

 

En zone 1 et 2 , l'agriculture constitue l'activité principale dans les villages .. Les cultures vivrières sont prépondérantes, la filière coton ayant de fait été démantelée avec la privatisation mise en oeuvre à partir de 2007 sous la pression des organismes internationaux . En zone 1 et 2 on cultive le mil et le sorgho . En zone 1, beaucoup cultivent maintenant du maïs car le cycle est plus court et souvent les greniers sont vides depuis longtemps ( certains depuis mars ) . La période de " soudure " est difficile pour de nombreuses familles . En zone 2 inondée, on cultive le riz ( ailleurs aussi dans les bas-fonds ) .

Les terres étaient épuisées et le rendement pour les céréales avec une pluviométrie normale était de l'ordre de 650 Kgs / Ha ( sans engrais chimique réservé au coton ) . Les familles sont pauvres et certaines ( 30 à 50% suivant les villages ) n'ont que la daba ( houe ) pour cultiver .

En 2006 , LACIM a encadré 50 agriculteurs pour produire de la fumure organique ( appelé compost pour simplifier ) . Les rendements ont été multipliés par 1,5 à 2 . En 2009 , nous avons fourni à des agriculteurs volontaires des semences améliorées ( non OGM ) produites par l'organisme de semences officiel du Mali : les meilleurs rendements ont atteint 3 à 4 Tonnes / Ha .

 

Bien évidemment cela change totalement les perspectives.

En choisissant des semences à cycle végétatif court, cela constitue aussi une adaptation aux changements climatiques.

 

En mai 2011, les 1150 agriculteurs producteurs de compost ont pu avoir des semences offertes par LACIM . Il faut attendre les résultats . Malheureusement , la pluviométrie a été géographiquement très irrégulière et en général très déficitaire avec une période d'interruption des pluies de 3 à 4 semaines qui a été catastrophique pour la végétation .

Concrètement, le projet consiste à former les agriculteurs à la production de compost en leur fournissant un équipement de base pour 60 Euros ( brouette, pelle, pioche, râteau, fourche ) . Le bénéficiaire s 'engage à creuser et remplir au moins une fosse de façon à disposer de compost pour 1 Ha . Il doit aussi réaliser dans son champ des "lignes anti-érosion" pour lutter contre le ruissellement. En 2 ans il doit rembourser 50% du prix de la brouette (soit 12 € / an).

Les nouveaux agriculteurs bénéficiaires ainsi que les anciens sont encadrés par des ingénieurs ou techniciens en agriculture ( maliens ) . Dans chaque village, un " relais " a été choisi parmi les bénéficiaires . Spécialement formé, il est chargé d'épauler et de motiver les agriculteurs, de recueillir les données individuelles sur les réalisations . Il reçoit un vélo, les frais de maintenance associés, et une petite rémunération fonction des résultats dans le village . Il est un facteur essentiel d'appropriation du projet par les populations et donc de pérennisation de l'activité.

En novembre 2011, 450 nouveaux agriculteurs ont été équipés pour une valeur globale de 27.000 Euros . Avec les frais d'encadrement, de transport, de suivi et de contrôle, ainsi que les frais administratifs, le budget global pour 2011-2012 est de 70.000 Euros.

Chaque agriculteur est susceptible de produire 2 000 Kgs supplémentaires dont la valeur à la récolte ( janvier ) est de 300 Euros ( le double s'il devait l'acheter en juin à la période de soudure où le besoin est critique ).

Le gain potentiel pour les 1.600 familles est donc de 480.000 Euros.

 

Autre perspective : la consommation annuelle moyenne ( adultes et enfants ) de céréales pour un individu au sein d'une famille étant de 160 Kgs, l'agriculteur produit sur 1 Ha plus de 2,5 Tonnes soit de quoi nourrir 16 personnes au lieu de 4 ( et même 20 avec une " bonne " récolte ) . En fait il va pouvoir vendre des surplus car une telle famille peut cultiver plus de 1 Ha de céréales, même à la daba.

 

Pour compléter l'information :

  • les agriculteurs motivés ( 2 fosses et plus ) qui n'avaient que la daba pour cultiver sont progressivement équipés d'un attelage ( charrette et âne pour 250 Euros ) afin de faciliter leurs travaux . Ils s'engagent à aider des collègues démunis et à rembourser 150 Euros en 4 ans ( les remboursements sont réinvestis en de nouveaux équipements )
  • les femmes qui sont aussi productrices ( arachides ) ont déjà commencé à être bénéficiaires
  • des banques de semences améliorées vont être créées dans chaque village pour éviter de devoir racheter des semences chaque année .
  • un essai de plantation d'arbres " moringa olifeira " est en cours d'expérimentation : les feuilles et gousses sont comestibles et servent à enrichir les sauces .
 

Ce projet AD a de nombreuses retombées socio-économiques et environnementales . Ainsi, les terres autour des villages ayant perdu toute fertilité, des familles allaient défricher des terrains dans des " hameaux de culture "loin de leur village avec pour conséquences une vie difficile ( pas d'accès à l'eau potable, enfants non scolarisés, pas d'accès aux soins et pour les femmes pas d'accès à la maternité, etc … ) . Maintenant ces mêmes familles envisagent de revenir au village d'origine .

Défrichage signifiait aussi déforestation .

La coupe du bois et la fabrication de charbon de bois constituaient des activités indispensables pour survivre mais peu rémunératrices . Elles devraient se réduire considérablement .

 

 

Matériel agricole

 

Avant la mise en place du projet AD, dans tous les villages les agriculteurs demandaient du matériel agricole pour passer de la daba à la culture attelée ( charrue, multiculteur, paire de boeufs ) . L'intérêt est double :

  • on peut cultiver plus de surface
  • on peut mieux respecter le calendrier cultural ( semer à temps )
 

Le coût du projet par agriculteur est très élevé ( 400 à 500 Euros pour les 2 boeufs de labour ) . En accord avec les bénéficiaires, ceux-ci devaient rembourser en 4 ans avec un intérêt annuel de 10% sur les sommes restant dues . Les remboursements devaient servir à équiper des collègues .

Malgré la pression sociale induite par le système, peu d'agriculteurs sont parvenus à respecter leur contrat . En fait, les gains ne permettaient pas d'accroître suffisamment les récoltes et d'atteindre l'autonomie alimentaire . Maintenant avec les bénéfices retirés du projet AD, les remboursements reprennent et sont consacrés en priorité à équiper les plus pauvres de charrette et d'âne .

Ce projet concerne 17 villages de la zone 1 et 9 de la zone 2 .